2015

FLYER VANTUSSO RECTO

 

 

 

« Le monde de Roland Vantusso est nocturne et souterrain. On voit des spectres se diriger droit vers un trou noir, comme prêts à subir l’engloutissement. Des taches d’êtres. Des traces humaines qui tressaillent dans la nuit. Des esquisses d’humanité. De fragiles flammes blanches, éphémères et passantes, bouleversent l’obscurité, et des éclairs ténus hésitent à éblouir l’étendue. Ils vibrent cependant comme des presque riens, dans l’absolu de la nuit. L’opacité règne. Vantusso le prodigieux ténébreux arrache à la mort-vie des lambeaux d’être. Il racle le fond de l’abîme. Il peint les humains comme des squelettes d’arbres, infimes herbes folles qui s’agitent aux vents de l’abîme, perdues dans l’immensité »
 
Christian NOORBERGEN

 

 

 

 

FLYER KARIN RECTO 1.1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

FLYER FAVRE RECTO 1.0

Nicolas Favre ou la peinture arrachée

Salut à toi, Nicolas, tes gueules au sexe de boue écrasent les pâleurs de la peau. Elles effraient les froides peintures et font fête féroce aux corps d’apparat. Ils ont perdu leurs oripeaux… Comme il se doit, tu mets la culture au rancart. Le grotesque ténébreux, truculent et paillard, festif et jaculatoire, s’empare à vif et à cru de tout l’espace de la toile, comme échappé d’un sombre banquet saccagé. Et l’implacable figure humaine saigne de nuit sous les crocs de la cruauté. Peu de couleurs, épaisses et denses, ou légères et fluides, te suffisent. Elles s’étreignent et s’affrontent, assourdies et latentes, et se révèlent comme des laves mentales.

Pendant ce temps-là, en infernale santé, et comme échappée du magma de nos sources, ta peinture se déploie, arrachant à la mort-vie des lambeaux d’être.

On voit chez toi, intact dans la matière charnelle, sourdre à vif le sang des origines, quand rôdent les affres du désir, entre merveilles et sacrilèges. Ils se moquent et se moqueront toujours de la morale fabriquée, ramenée ici aux brutales tribulations de la tribu archaïque, qui d’emblée en impose, mais qui sait attendrir au-dedans, proche à jamais de nos fragilités… La chair qui ose se lâcher vibre et triomphe, obscène et sans fard, au-dessus de la mêlée des images usagées. Drôles de têtes et drôles de cous qui s’allongent et se durcissent vers les hauteurs, comme des coulées en ascension… Surgissante blancheur qui creuse la nue et se perd dans le silence perméable des ténèbres. Le creux des bouches fait blessure, la main animale emplit grandement l’étendue, et les yeux sont des trous dans l’abîme.

Pendant ce temps-là, en lents geysers à peine contrôlés, ta peinture métamorphique s’élève gravement dans la nuit.

Chez toi s’agitent et s’étalent tous les pantins du monde, et les faces effarées des fantômes dénoncés. Avec de violentes taches d’univers, des plaques sombres de couleurs lourdes, et des taches de hasard. Des êtres d’ombre font la foire et la vie, et font face au spectateur dessalé, toisé, au regard décoincé. Couve ici la plus grande compassion, la fête à jamais inguérissable de l’art et de la vie, et le formidable étonnement d’exister.

Pendant tout le temps de ta création, tellurique et mouvante, ta peinture resplendit.

Christian NOORBERGEN

 

 

Flyer MONCH RECTO 1.3

Monch ou la traversée

des ténèbres

Tout part d’une muraille d’opacité. D’un miroir aveugle. D’un creuset de solitude, implacable et souverain. Et Monch crève les veines de sa nuit. Le dehors n’est pas son fort. Des labyrinthes verticaux, écrasants, enchevêtrés et chaotiques, font vivre un espace qu’on dirait fouillé et faillé, hanté à cru de brûlures vitales, de soubresauts souterrains, et de traits ouverts comme des blessures, et taillés au scalpel. L’opacité prend l’espace, et l’espace est possédé. Dès lors, les premières lueurs de l’univers sombre tressaillent, traversées d’instants fatals. Eprouvant face-à-face.

Dans l’étau étranglé de chaque œuvre âpre et serrée, obscurément tamisée, vibrent ici et là les cordes désarticulées des drames vécus de notre monde. Monch installe et impose les élans saccagés des racines de la vie, comme s’il arrachait la peau des êtres. Ce que les ornières de la culture cachent obstinément, ce que les ordres du jour n’en peuvent plus d’affronter, la part d’ombre le révèle : les trouées de l’être, les regards sacrifiés de nos doubles, et leurs beautés mortelles. Flotte une odeur de gouffre, de souffre et d’étrange énergie sacrificielle. L’impensable stagne et couve sous les apparences cruelles d’un monde décapé. Il attend de pied ferme, fatal, terrifiant, à découvert, et toujours déjà maculé d’espoir et de désespoir.

Passeur de ténèbres, Monch crée au-delà de la vie. Magicien-envoûteur, il porte des coups au cœur des mortes surfaces. Il déchire les fatigues de l’ombre. Dessin, sculpture, photographie, peinture, tout est broyé pour naître à l’œuvre finale. Aux abords de l’abîme, il ose lâcher prise, et ça parle. Son art est insidieux comme un poison. Sorties de l’antre, ses formes acérées font disparaître nos repères sécuritaires. On navigue en territoire d’inquiétude. L’art n’est pas fait pour les regards assis…

Antoine Monch éprouve la puissance démoniaque des interdits vitaux qui prennent nos vies et nos vides. L’ordre du sacré vacille, et la terreur vitale saisit l’âme à la gorge. Il n’y a plus que la figure humaine qui résiste, en proie à toutes les métamorphoses vitales. Infinies sont les passerelles au pays des faces, des visages, et des gueules. Art d’exorcisme et de combat. Art de l’impossible tendresse. L’œuvre aérée d’inconscient incarne le fantasme aigu de l’existence saisie à la gorge, et mise à nu.

Christian NOORBERGEN

 

 

FLYER RECTO SAINRAPT BREVIERE 1.0

 

 

«Sophie SAINRAPT,
violuptueuse et chamanique, s’ouvre à la chair des signes, et sa main au plus près du dedans, fait l’amour à la beauté nue, et au frêle papier…»

Christian Noorbergen

 

«Les œuvres de Gérard
BREVIERE, étrangement proches de l’univers, étrangement proches de l’humain, transparentes comme des sources, sont espaces
condensés de forces tendues.»


Christian Noorbergen

 

 

 

 

 

 

 

 

FLYER CORNOU RECTO 1.0

 

 

 

 

 

« Les dessins de Laurence Cornou mettent en scène des éclipses d'êtres, des visages constellés d'un passé sans âge, à la frontière de notre temps. Ces corps partiels, parfois suggérés, parfois insérés dans une gangue de lumière noire, remplissent notre présent insatiable d'un supplément d'âme et nous vivifient. Le trait est sec et rageur, il arrache à la surface immaculée des instants d'éternité. Les sujets suintent hors de l'humus fécondé, pris d'un espoir fou d'emplir le monde d'un souvenir qui demeure perpétuellement. L'univers de Laurence Cornou, c'est un ru gazouillant qui sourd hors des ténèbres d'un monde ivre d'un déclin putride et sans fin. »

Pascal VEYSSET-RAPAPORT

 

 

 

 

 

 

FLYER QUILLIN RECTO 1.0

JE PEINS, CAR MES RÊVES SONT IMPARFAITS

 “ J’exprime ce qui me semble être le contenu des formes et des sens appartenant à mon espace vital, où cohabitent lumière et matière. Je ne peux en aucun cas les ignorer dans la grandeur spirituelle. Ma peinture est aussi une vision représentative d’un ailleurs, un ailleurs nu qui est en soi et hors de soi, un vaste champ, où monde matériel et spirituel ne font qu’un.

La gamme de noirs utilisée doit rester sensible et provocante, et entraîner une réaction qui est bien au-delà du conscient. Le résultat de toute cette alchimie réactive le psychisme, et me renvoie à la quintessence de la matière dans sa naissance, peu importe l’image figurative ou abstraite, le but est de m’affranchir de mes connaissances, d’aller dans les profondeurs de l’être en expulsant tout sentiment. Les formes qui occupent la surface de mes toiles sont nues. Cette nudité laisse apparaître l’intime comme une révélation.

Je peins, car mes rêves sont imparfaits. Nos rêves, nos rides et nos joies sont la couleur d’un chant fredonné dans l’air depuis la nuit des temps.“

Jean-Charles QUILLIN